06/10/2017

INFORMATION DES VICTIMES D'ACTES TERRORISTES ET VISIBILITÉ DU DISPOSITIF D'ASSISTANCE AUX VICTIMES

Plusieurs services d'aide aux victimes (SAV) se sont étonnés d’avoir été peu sollicités par les victimes alors que la presse se faisait l’écho de plaintes d’un certain nombre d’entre elles d’être laissées pour compte.  Ils ont émis l’hypothèse que les relais normalement prévus dans le cadre du dispositif d’assistance aux victimes n’avaient pas ou pas assez fonctionné. 

Un des problèmes relevés est la non disponibilité des listes de victimes à la suite des attentats.  Cela a posé problème même à Bruxelles où pourtant le SAV a fait face à un afflux de demandes.  En Région wallonne, les rares situations n’ont souvent été orientées que tardivement par les services d’assistance policières ou par le parquet.  Il est à noter que dans le passé, lors de la crise du Rwanda, les listes des rapatriés avaient rapidement été communiquées par la Croix rouge ce qui avait permis une démarche proactive de nos services.  Rien de tel cette fois-ci.

Les SAV sont bien conscients qu’il peut y avoir un paradoxe que certaines victimes se plaignent de ne pas être aidées, alors qu’elles font appel et bénéficient du suivi d’un service.  C’est là un phénomène qui s’explique en partie par des aspects cliniques. Ainsi, le sentiment exprimé d’être abandonné participe fort probablement d’un report sur l’institutionnel (l’Etat au sens large) qui devrait garantir la sécurité et à défaut les soins et une réparation intégrale.  Mais il résulte sans doute aussi  d’une défaillance au moins partielle des relais normalement prévus.  A cet égard le modèle d’intervention des assurances (proposant par exemple un package de services dont un nombre restreint de consultations psychologiques) apparaît en décalage avec les attentes des victimes.

 D’où les interrogations des intervenants :

  • ne reste-t-il pas des victimes qui n’auraient pas bénéficié d’une offre d’aide ?
  • toutes les victimes savent-elles qu’elles pourraient bénéficier auprès des SAV d’un suivi psychologique spécifique et d’une aide dans leurs démarches ?
  • les SAV sont-ils suffisamment identifiés du dispositif de gestions des crises?  sont-ils connus des managers psycho-sociaux ou du parquet fédéral ?
  • le dispositif d’assistance aux victimes mis en place depuis une vingtaine d’années est-t-il suffisamment visible ?

A-ton suffisamment communiqué au sujet de ce qui existait que ce soit via les canaux prévus de communication (police, juridictions…) ou via les autorités et la presse ? Sinon  à qui reviendrait l’initiative ?

A ce propos, plusieurs services suggèrent que le nouveau site victimes.be pourrait à l’avenir jouer un rôle accru dans de telles circonstances.

En conclusion, les SAV réaffirment l’importance de renforcer la visibilité du dispositif d’assistance aux victimes.

Le projet d’accord de coopération sur l'assistance aux victimes est une bonne opportunité pour y contribuer notamment en redynamisant les conseils d’arrondissement et en relançant la réflexion en réseau qui s’est parfois essoufflée faute de soutien institutionnel. 

Autant d’éléments qui pourraient alimenter des avancées supplémentaires dans des dossiers qui ont mobilisé nos énergies durant l’année écoulée et qui, nous l’espérons pourront connaître encore de prochaines avancées.

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